Ce que la maternité m’a appris sur le mental
Je pensais avoir un mental solide.
D’ailleurs, c’est ce que mon conjoint m’a dit un jour après son footing : “J’ai failli m’arrêter plusieurs fois, puis j’ai pensé à toi, et j’ai continué”.
Ok, c’est sans doute vrai. A 18 ans je suis venue en France seule pour mes études. Comme beaucoup d’étudiants étrangers, j’ai enchaîné les démarches administratives, les études puis 13 ans dans un métier exigeant.
Alors oui, pour beaucoup, j’avais un mental solide.
Puis je suis devenue mère et j’ai compris que le vrai mental, ce n’était pas ça.
Avant : un mental basé sur le contrôle
Avant, je suivais un chemin tracé :
- Côté travail : je finis mes études dans un domaine sûr où je suis certaine de trouver du travail. Puis je trouve un travail (un CDI).
- Côté administratif : je renouvelle les titres de séjours d’étudiant, puis je demande le titre salarié, puis je fais mon dossier naturalisation
Je suivais un ordre précis. Je suivais un cadre sûr, tracé par mes parents depuis mon enfance. Il suffisait d’être rigoureuse, organisée pour avancer. Et ça, je savais le faire. Ou plutôt, j’ai appris à bien le faire.
A chaque réussite, je suis fière, mes parents en sont fiers. Et je continue.
Devenir mère : le choc
Devenir mère est magnifique. Tout mon entourage le dit.
Devenir mère est fatiguant. Toutes les amies mamans m’ont prévenues.
Mais je ne l’ai vraiment compris qu’en le vivant.
L’envie de retourner au bureau pour casser la routine de la maison, puis l’envie de revenir vite à la maison pour échapper au stress du travail.
La charge mentale constante entre : quoi lui donner à manger pour que ce soit équilibré, est-ce qu’il faut prévoir un changement de pointure des chaussures, le pull est-il suffisamment chaud pour la journée, est-ce que ça l’affecte quand je lui parle comme ça…
Et puis les remarques de mon supérieur sur mes horaires au bureau : “nous sommes contents de retrouver la même salariée qu’avant, vos travaux sont toujours d’excellente qualité, mais les horaires, ça ne va pas”. Ah oui, la pression du présentéisme.
Devenir mère a cassé mon cadre sûr, le cadre tracé par mes parents depuis mon enfance. Ils ne m’ont jamais appris ce qu’il faut faire à ce moment-là.
C’est quoi la prochaine étape ?
Le déclic
Et c’est là que vient le déclic :
Avoir du mental, ce n’est pas uniquement : de suivre un chemin tout tracé, de simplement cocher les étapes une par une sans se poser de questions.
Devenir mère m’a appris autre chose.
Leçon 1 : Tu n’es jamais prête
Tu n’es jamais prête. Tu ne peux pas tout prévoir.
Mais le moment venu, tu avances quand même, avec le doute. En se fixant un objectif en tête. Le mien : être une mère présente pour mon enfant.
Et c’est ainsi pour beaucoup d’étapes importantes dans la vie.
Leçon 2 : Le contrôle est une illusion
Je ne contrôlais pas tout : mon emploi du temps n’est plus fixé à l’avance, les sorties, les rendez-vous peuvent être annulés à tout moment, et puis les émotions de mon enfant, comment anticiper ça ?
Et pourtant, j’arrive quand même à gérer. Je m’organise différemment. Je laisse place à l’imprévu. J’apprends à lâcher prise.
Leçon 3 : le mental se construit dans l’inconfort
Le mental est comme le fer. Il se construit dans les moments de fatigue, de doute, d’inconfort. Et être mère ne laisse plus vraiment le temps de s’attarder sur la fatigue ou le doute. Je ne peux plus attendre le moment parfait pour avancer, pour décider. Car mon enfant grandit et son enfance est précieuse.
Et pour la première fois de ma vie, j’ai décidé de sortir du cadre tout tracé de mes parents. D’oser la reconversion.
Passer à l’action malgré la peur
C’est exactement ce qu’il se passe quand on veut se lancer dans un projet, comme investir dans l’immobilier.
On a peur. On attend d’être prêt. On veut être sûr. On veut pouvoir tout contrôler.
Et pourtant : l’envie est là, le besoin est là.
L’envie de posséder un bien. L’envie d’avoir un complément de revenu. L’envie de transmettre à ses enfants.
Avancer malgré le doute
Alors, j’ai fait un pas en avant. Malgré la peur, l’inconfort, le doute. Avec mon objectif en tête, celui d’être une mère présente.